Partager l'article ! Slutgarden : Interview Amour, Poésie et Creampie: Les Slutgarden, c'est de l'amour, de la poésie abstraite et fleur bleue. Un soleil qui se ...
Les Slutgarden, c'est de l'amour, de la poésie abstraite et fleur bleue. Un soleil qui se couche sur un plateau cotonneux auquel se mêle les embruns d'un vent frais et doux... Je déconne.
Les Sluts, c'est plutôt ça en fait :
Y'a peu ils ont eu 2000 fans sur leur page facebook (comment ça 2056 ?), et ils ont fait cette track pour leur dire qu'ils les aiment.
Bref, on a interviewé ces chers Johan et Alex et ça a donné ça :
Bonjour messieurs ! Vous connaissez une bonne blague de merde ?
Johan Spit : Hum. "Quel est le comble de l’avarice ? Emmener ses enfants en vacances en Thaïlande." Je ne sais pas si c’est une blague de merde, mais l’humour noir honnêtement, ce n’est pas ce qu’il y’a de plus drôle ?
Alex Dss : J'ai une blague que j'adore raconter mais qui fait un bide monstrueux les 80% du temps. C'est un étudiant un peu fauché qui veut prendre des cours d'anglais, il trouve une annonce qui paraît intéressante avec des leçons vraiment pas chères. Il prend donc rendez-vous et se retrouve dans un quartier un peu pourri, il monte à l'adresse indiquée, il frappe à la porte et là y'a un gars, en marcel dégueulasse, la clope au bec, puant l'alcool qui lui ouvre la porte... L'étudiant, un peu surpris lui demande :
"-Euh, bonjour, c'est bien ici les cours d'anglais ?
- If if, between !"
Plus sérieusement, ou pas, résumez nous les Slutgardens en une phrase.
Alex : Disons que nous nous considérons libres d'emprunter des directions scabreuses, nous ne recherchons, ni les louanges publiques, ni l'encensement généralisé. Ce tout licencieux englobé dans notre univers musical spécialement furieux plaît, ou pas.
Johan : "De la violence électronique raffinée pour un monde déprimé". Ce qui en soit ne veut pas dire grand-chose, mais il y’a une rime, donc bon.
Je me dis que des mecs qui portent de l'eyeliner et des bandanas avec des vagins dessus ne peuvent pas être foncièrement mauvais. Je me trompe ?
Johan : Non, tu as raison. Un peu tordus mais très sympa. Je parle bien de nos personnalités, qu’on soit d’accord.
Alex : Ouais si un peu, en fait. J’ai déjà fait signe à un chauffeur de bus qui s’est arrêté alors que je ne voulais pas le prendre. J’aime faire ressortir ce côté voyou, bandit, qui peut exploser à tout moment.
Résumez vous tout les deux, chacun en trois mots.
Johan : Une vraie séance de psy déguisée ton interview. C’est difficile d’avoir du recul sur soi-même. Mais je dirai passionné, éclectique et un brin torturé. J’ai besoin de cultiver quelques névroses pour faire de la musique, sinon je n’y arrive pas.
Alex : Con, feignant, alcoolique.
Votre binôme, il est plutôt en mode poète + crieur public ou jumeaux infernaux ?
Johan : Jumeaux infernaux, sans hésitation. Il faut savoir qu’Alex est mon meilleur ami depuis le collège. On a donc plus moins grandi ensemble. On partage pratiquement les mêmes visions sur beaucoup de sujet. Ce qui est juste une bénédiction pour la composition, ce serait très difficile autrement. Là, quand quelque chose ne nous plait pas dans un morceau, on le dit, en toute franchise. Comme un petit couple. Sauf qu’on ne couche pas ensemble.
Alex : Comme dit Joh, on se connaît depuis le collège et déjà à l'époque, notre vision des choses était commune et suivait la même direction.
Quelle est la track que vous préférez dans votre répertoire et pourquoi ?
Johan : Difficile ta question. Très difficile. Je dirai "Hate us". Elle reflète assez bien notre style, c’est un morceau qui se veut relativement violent mais paradoxalement assez "dansant". En tout cas, chaque fois qu’on le joue, le public est super réceptif et la plupart le reconnaissent dès les premières notes.
Racontez nous la genèse de cette track. Comment vous l'avez créée ?
Alex : Le titre parle de lui-même. On voulait faire un morceau sans compromis. Une démarche pour le coup assez égoïste peut être, mais je pense qu’inconsciemment on souhaitait montrer qu’on assumait pleinement le chemin artistique que l’on a pris.
Vous bossez sur quel matos/soft pour composer ?
Alex : Ableton 8, Reason, Adibou et Simon.
Johan : Simon pour faire des grosses basslines bien crades, c’est quand même le top faut avouer.
Et pour remixer, vous fonctionnez comment ?
Alex : Lorsqu’on nous demande un remix, on se concerte au préalable pour en définir les grandes lignes et celui qui commence, c’est celui qui a un peu de temps au moment où on reçoit les stems. Donc un de nous deux amorce la trame, la propose à l’autre, si ça convient on continue dans cette optique, on s’échange plusieurs fois les stems, on se parle beaucoup, on s’écrit beaucoup. Pour les remixes de Slipknot ou de Manson, on a eu la chance de passer directement par Corey et Bryan, on a pu longtemps en discuter à l’apéro, d’ailleurs petite anecdote, Bryan est tellement grand qu’il s’est cogné la tête en entrant chez moi, ahah qu’est-ce qu’on avait ri. Moment de franche poilade.
Johan : On en a refusé pas mal. Par manque de temps parfois, mais aussi parce que l’on a vraiment besoin d’accrocher à l’original et de sentir qu’on va pouvoir pleinement y amener notre univers. Si le morceau original est déjà relativement sale, il n’y a pas vraiment d’intérêt à le cradifier encore. Quoique, il est toujours possible de le rendre encore plus malsain. Bon, oublie ce que je viens de dire.
Se maquiller les yeux et se planquer la gueule pour mixer du trash, ça ramène de la groupie en soirée ?
Alex : Pas autant qu’en Thaïlande à la sortie des écoles.
Johan : Forcément. Mais bon, il n’y a rien d’étonnant, le mec qui passe du son dans une soirée est forcément le "male alpha", celui est convoité. L’esthétisme du coup passe presque en second plan. Bon, nous après, on est quand même sacrément beaux malgré nos maquillages et le "creampie" foulard d’Alex. La question est donc biaisée dès le début.
Racontez votre meilleure, puis votre pire date.
Alex : Au niveau de l’environnement on a vraiment kiffé notre petit séjour pour Calvi on the Rocks, se bourrer la gueule dès le saut du lit, aller se baigner avec sa bière en écoutant Fool’s gold avant d’aller jouer reste un très bon souvenir. Quant au public et à l’ambiance générale, on fait en sorte que les gens se lâchent et sortent épuisés, du coup on a eu beaucoup de dates avec un public extra et très réceptif, donc difficile de se prononcer dessus.
Johan : Sans vouloir faire de la démagogie, il n’y a pas eu de « pire date ». Même les petites dates qu’on a pu faire au tout début du groupe étaient vraiment cool, avec des organisateurs passionnés qui voulaient vraiment faire bouger les choses dans leurs villes.
Et le plus gros WTF que vous ayez jamais vu en soirée :
Alex : Dans le Wisconsin, 84 000 personnes, en plein set outdoor, un truc hallucinant, on voit un mec traverser, à dos d’éléphant, toute la foule. Il avance lentement on se dit MAIS WTF ?! On continue quand même. Le type arrive (les gens, bizarrement, ne semblaient pas surpris, nous carrément) et nous tend, à l’aide de la trompe de l’éléphant un long sachet emballé. La musique tournait, la foule continuait de danser, on prend quelques secondes avant de le déballer et là, on voit un saucisson aux herbes !! Ils l’avaient oublié pour le catering.
Johan : Il faut aussi préciser que nous jouons toujours bourrés. Ce qui n’enlève rien à la qualité de nos sets ceci dit, mais du coup, il y’a des choses dont on ne se souvient pas toujours. Donc cette date au Wisconsin et cette péripétie éléphantesque est à prendre avec des pincettes. Même si en y réfléchissant bien, ça me dit quelque chose.
Vous pensez quoi de cette vidéo ?
Johan : J’y vois une critique acerbe de la société consumériste incapable de se libérer de son addiction. Mais je me trompe peut être.
Alex : C’est assurément moins poétique que Cyriak !
Vous écoutez quoi en général ? Vous auriez des noms de groupes géniaux que personne connaît ?
Johan : Je suis issu de la génération "nu métal", donc forcément j’adore tout ce qui est Manson, Limp Bizkit, Adema, Slipknot, Coal Chambers, Spineshank, SOAD, Orgy…des groupes que beaucoup vont bêtement estimer aujourd’hui ringards, car ils ont explosé durant notre adolescence, du moins pour la génération 85 comme nous. Pourtant, j’en suis toujours fan, en terme de rock, c’est surement pour moi la meilleure des périodes, car ces groupes ont vraiment des identités artistiques marquées. J’ai une grosse passion pour la new wave aussi, genre Soft Cell ou Tear for fears. Mais je vais aussi avoir des frissons sur du Ludovico Enaudi ou du Yann Tiersen. Un groupe génial que personne ne connait ? Heu, je dirai London for midnight, bien connu par ceux qui s’intéressent à la scène "goth" mais totalement inconnu du grand public.
Alex : Voilà, cette génération "nu métal", on a été baigné dedans, on écoutait ça en boucle dans nos super walkman CD Sony. Et aujourd'hui comme hier, je ne m'enferme pas dans des carcans musicaux, je suis curieux de tout, passionné d'une poignée d'artistes de ce tout. Je vibre pour des artistes de musique classique, de métal, de pop, de techno, etc... Je ne cite pas de noms, la liste est beaucoup trop longue et diverse.
Quant aux groupes pas (assez) connus, un qui me vient en tête, c’est Direction Survet, un quatuor lyonnais que j’ai pu voir, notamment avec Joh, dans une salle (très obscure) de Marseille, c’est expérimental, c’est psychédélique, ils planent dans un univers proche de Pink Floyd, un de mes groupes favoris. Y a aussi Applause, groupe franco-belge qui monte qui monte.
Johan : On écoute aussi de l’électro hein, ce qu’on joue lors de nos dates, on ne le trouve pas dans un chapeau. Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément la toute première chose que l’on va écouter chez nous. Peut être aussi parce qu’on compose de l’électro et que du coup, on a besoin aussi de s’évader, d’entendre autre chose.
Et niveau cinéma, vous aimez quoi comme films ?
Alex : Je ne prends jamais le temps d’aller au ciné. Mais j’ai pour référence des films comme Orange mécanique, où le lyrisme rencontre l’ultra violence, j’ai toujours été fasciné par cette Œuvre de Kubrick. Sinon je suis adepte de films type Snatch, Arnaques, crimes et botanique, Slevin, Reservoir Dogs. Ah, et gros coup de cœur pour les Œuvres de Miyazaki et de Takahata aussi (le tombeau des lucioles)
Johan : Assez varié…L’un de mes films préférés est Eyes Wide Shut. Personne n’a réussi à filmer de la sexualité avec une telle beauté. Ce film est une véritable fresque. Apres, je peux aussi accrocher sur des films plus grands spectacles, comme la saga du Seigneur des Anneaux ou même « 300 » que j’avais trouvé très bon. J’aime bien aussi les films de série B, aux scénarios perchés et à la réalisation douteuse, comme "Black Sheep" ou "Mad Zombies". A regarder avec une bonne dose de second degré bien entendu.
Un bon bouquin à me conseiller ?
Alex : "Fragments posthumes sur l’éternel retour", de Nietzsche. J’ai du le reprendre des tas de fois et souligner d’interminables phrases pour en comprendre le sens, je me suis senti sacrément con à maintes reprises, mais ça reste un de mes bouquins préférés. Sinon, t’as la collection T’Choupi, assez sombre, macabre, voire obscène.
Johan : "Les Fleurs du Mal" de Baudelaire. Classique à souhait, mais ce bouquin est un refuge salvateur pour les quelques survivants amateurs de poésie. Ce livre est un monument, tout simplement.
Plutôt vodka ou whisky ?
Johan : Vodka. Clairement. J’aimerai pouvoir rentrer chez moi et siroter un bon scotch de 12 ans d’âge en prenant un air grave, mais non. Rien que l’odeur me répugne.
Alex : Vodka, avec du coca. J’ai pris trop de cuites avec le whisky que ça m’écœure maintenant. D’ailleurs vous n’avez pas remarqué que le coca s’évente de plus en plus vite ?? Une putain de machination certainement.
Café ou clope ?
Alex : Les deux, la clope et le café après le repas. Association détonante pour mort imminente, je le bois, je la fume, sans une once d’amertume.
Johan : Clope. Je crois même préférer le whisky au café, c’est pour dire.
Les blondes ou les brunes ?
Johan : Pas de préférences particulières…mais bon, si je dois vraiment choisir, je dirai quand même brunes.
Alex : Blanche, bien fraîche, avec une rondelle de citron.
Et si vous pouviez dire un truc aux gens qui vous surkiffent ?
Alex : Un grand merci, sans eux, nous ne serions pas là où nous sommes actuellement. (et là, Pierre Palmade vient nous remettre notre prix). Ca fait cliché mais c’est ça. Donc merci encore.
Johan : Disons que l’on a la chance de rencontrer les gens qui aiment ce que l’on fait, lors de nos dates. C’est parfois assez déroutant de recevoir des compliments face à face. Du coup, on les remercie grandement. Ca nous conforte un peu plus dans l’idée qu’on a fait le bon choix de refuser d’être consensuel juste pour avoir plus de dates ou pour capter un plus large public.
Ah, et sinon pour ma prochaine chronique, je suis grave dans la merde j'ai pas d'idée de sons à balancer... Vous auriez une bonne track à faire partager ?
Alex : Iggy Pop & The Stooges - I wanna be your dog.
Lost Valentinos - Midnights (The Emperor Machine rmx) : 13 min d’envolées. Voilà, je t’en donne deux, y a intérêt à ce qu’elle soit au niveau.
Johan : Allez, je vais faire de la promo pour un pote à nous, Telmini. Il fait 1 mètre 20, a une grosse touffe de cheveux, mais il super doué. Je te conseille le remix qu’il a fait pour le contest de QG, Q.G – Razor (Telmini remix).
Merci les gars ! Un (gros) mot pour la fin ?
Alex : Oui, l’interview sera publiée sur quel blog ?
Johan : Oui, c’est vrai ça, tu nous a dit Les Inrocks, mais j’ai des doutes.
J'ai menti.
Si tu souhaites te rendre sur leur Soundcloud pour écouter leur musique pas tout à fait tendre pour tes petites oreilles et ta culotte, clique là (oui, sur le "là" qui brille, je suis méga fier de cette vanne, merci)
Et si tu veux devenir fan d'eux sur Facebook et rejoindre leur armée, ce qu'on te conseille vivement, clique sur le mot PONEY
Aimeric